Le vieillissement est l’un des grands enjeux de notre société. En 2030, 1 Français sur 4 aura plus de 60 ans ; en 2050, ils seront près d’1 sur 3. Dans le même temps, le nombre de personnes de plus de 85 ans aura doublé et 700 000 personnes supplémentaires seront en situation de perte d’autonomie.
Cette évolution ne concerne pas seulement notre système de soins ou nos établissements pour personnes âgées. Elle touche notre manière de vivre, de travailler, de nous loger, de nous déplacer et de prendre soin les uns des autres. Elle doit donc être au cœur de nos choix collectifs.
Mais le vieillissement ne saurait se résumer à des données démographiques. Vieillir est une chance. Nous vivons plus longtemps, et cette longévité témoigne des progrès de notre société. Elle nous oblige aussi à faire évoluer notre modèle social, fondé sur la solidarité, l’équité et le partage des risques. Car nous ne vieillissons ni au même rythme, ni dans les mêmes conditions. Certains auront besoin d’un accompagnement important ; d’autres resteront autonomes pendant de nombreuses années. Notre responsabilité est de permettre à chacune et chacun de vivre cette étape de la vie dans les meilleures conditions possibles.
Bien vieillir, c’est continuer à vivre pleinement dans la société. C’est pouvoir conserver ses liens avec sa famille, ses amis, ses voisins et son quartier ; continuer à se déplacer, aller au cinéma, pratiquer une activité sportive ou culturelle. C’est pouvoir transmettre son expérience, mais aussi apprendre, découvrir et comprendre un monde qui change rapidement. C’est donner de son temps à une association, y trouver du soutien ou simplement faire de nouvelles rencontres.
Et lorsque l’entrée en établissement devient nécessaire, celui-ci doit rester un lieu de vie, ouvert sur la cité, où l’on continue à recevoir ses proches, à faire des projets et à participer à la vie de son territoire.
C’est cette ambition qui guide la mobilisation France Autonomie, que j’ai souhaité engager avec et pour les personnes âgées. Articulée autour de 6 priorités, elle doit nous permettre de mieux anticiper les besoins, de promouvoir le bien vieillir, de valoriser les métiers de l’autonomie, de diversifier les lieux de vie, de mieux accompagner les proches aidants et de transformer nos établissements. Elle trouvera une traduction concrète dans les travaux de la Conférence nationale de l’autonomie (CNA) qui sera organisée dans les prochaines semaines
La transformation des EHPAD en Maisons France Autonomie illustre pleinement cette ambition. Il s’agit d’en faire de véritables lieux de vie, tout en demeurant des lieux de soin : des établissements ouverts sur leur environnement, utiles à leur territoire, dans lesquels les personnes âgées ont envie de vivre et les professionnels envie de travailler. Cette transformation est déjà engagée dans de nombreux établissements. Notre rôle est désormais de l’accélérer et de l’accompagner.
Au fond, la question n’est pas seulement de savoir comment nous allons vieillir, mais dans quelle société nous voulons vieillir.
Derrière les mots « aînés », « seniors », « personnes âgées » ou « grand âge », il y a une réalité simple : c’est de nous tous qu’il s’agit. De nos parents, de nos proches, de nous-mêmes et des générations qui viennent.
Le vieillissement de la population est déjà là.
À nous d’en faire une chance pour notre société. À nous de préparer dès aujourd’hui la société dans laquelle nous voulons vieillir.